Eklablog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

ALICE ALICE 02 copie

Ce groupe s'est formé à la fin 1969 lorsque le bassiste Alain Suzan, voulut monter son propre groupe. Il avait commencé sa carrière au milieu des années 60, en jouant dans les Dragons de Frank Adams. Puis, il rejoignit Les Sharks, groupe beat comprenant notamment le guitariste Michel Libretti, futur Martin Circus & Total Issue, ainsi que Coco Améziane (futur manager de Martin Circus et plus tard percussionniste chez Magnum). Alain Suzan, natif de Villeneuve-Loubet, accompagna en 68 Noël Deschamps, Ronnie Bird, puis Tom & Jerry (alias les frères Labacci, futurs Ophiucus) également aux côtés de Michel Libretti. Tom & Jerry séjourna dans la région d'Antibes où le duo et ses musiciens firent la connaissance de Jean-Pierre Massiera, propriétaire d'un studio. C'est ainsi que Jean-Pierre Massiera enregistra le simple de Belisama, au départ un orchestre de Blois (Belisama étant le nom latin de Blois) qui s'était tourné vers la pop. Il enregistra ce simple avec la chanteuse, Jackie, épouse du chef d'orchestre, avec les musiciens de Tom & Jerry dont Alain Suzan complétant la formation de Blois.

Fin 68, Alain Suzan est appelé sous les drapeaux et fait son service à Offenburg en Allemagne, il y fait la connaissance du claviériste, Michel Coeuriot, qui formera Motus en 71 et lui fera connaître le chanteur/guitariste Ian Jelfs. De retour de l'armée en décembre 69, il fit part de son projet de créer son propre groupe en s'inspirant de l'univers onirique du livre de Lewis Caroll "Alice au pays des merveilles" à Jean Falissard, ex Turnips, Capitals, Happy Poppies, Variations, alors batteur d'Alan Jack Civilization dans un format « pop » progressif dans la lignée de celui illustré par des groupes comme Martin Circus, avec comme ce groupe, l'utilisation de la langue française.

Comme Alain Suzan n'avait pu être libéré en novembre 69 pour assister au festival d'Amougies où il aurait pu repérer des musiciens prêts à participer à son projet, Jean Falissard lui conseilla de se rendre au festival de Blois qui avait lieu le 12 décembre 69, constituant une réplique modeste d'Amougies qui de par son succès, générait des mini festivals en France. Jean Falissard y jouait avec AJC en compagnie d'autres groupes (Martin Circus, We Three, Crucifierius, Le Triangle, tous présents à Amougies ) et ainsi Alain Suzan pourrait écouter les musiciens présents à ce festival

Alain Suzan s'y rendit et à l'issue de leurs prestations, il demanda à Jean Falissard, partant pour monter un groupe avec lui, de rechercher d'autres musiciens prêts à s'investir dans son projet.

Jean Falissard, désabusé sur l'avenir d'Alan Jack Civilization, à la suite d'un enregistrement gâché par des problèmes vocaux d'Alan Jack, était décidé à former un nouveau groupe et cette opportunité de former un nouveau groupe l'intéressait.

Jean proposa de discuter avec les musiciens de We Three, qu'il connaissait, fréquentant les mêmes clubs, et convainquit Jean-Pierre Aufredo (guitare, flûte, basse, piano, sax, violon, chant) et Sylvain Duplant (basse, guitare, percussions) de s'engager dans ce projet.

Jean proposa aussi au guitariste Claude Olmos (Ex Cinq Gentlemen & divers groupes marseillais) d'Alan Jack Civilization, en proie comme lui au doute sur l'avenir d'AJC, de renforcer le groupe qui se mit à répéter au Corbier.

Rapidement, le groupe créa collectivement des titres et se dota d'un répertoire basé au niveau des textes sur l'univers fantasmagorique de Lewis Carol et au niveau de la musique, construisait des mélodies plutôt apaisées, ensoleillées, sereines, feutrées et dans la lignée de groupes comme Traffic, Cressida, It's a Beautiful Day. Le groupe commença à se produire au printemps 70, notamment en mai à Chateauroux, et au festival de la musique, du disque et de la chanson à Paris dans le cadre de la foire de Paris, puis au bal de l'Efap à Parly, et à l'Ecole des Cadres à Jouy en Jouas, qui faillit mal tourner du fait des menaces et désordres générés par certains des jeunes de cette prochaine élite qui n'aimaient pas ces autres jeunes aux cheveux longs. Ce qui valut un article dans Best intitulé « Alice au pays des voyoux ». Leur musique n'adoucissait visiblement pas les mœurs de ces futurs cadres.

En juin, il se produit au festival de Nice aux côtés de Martin Circus (qui ne joua pas, le groupe venant juste d'éclater avec les départs de Patrick Dietsch et de Jean-François Leroi), Variations, Dynastie Crisis et il obtint un certain succès avec sa musique originale, mêlant de belles harmonies vocales et une instrumentation complexe et variée (orgue, sax, flûte, guitares). Leur musique foisonnante de sonorités colorées, mélangeait les envolées aériennes de la flûte, les trilles du sax, les arpèges délicats de la guitare, les développements feutrés de l'orgue, les enluminures de percussions. Jean Falissard qui connaissait bien Karakos qui était le « beau-frère » de son amie, mannequin, réussit à convaincre ce dernier d'engager ce nouveau groupe sur Byg. Dans la foulée, le groupe enregistra un simple avec les titres « viens » et de l'autre côté du miroir » qui sortit à l'été 1970 et reçut un bon accueil de la presse et des radios. Le groupe fut sollicité pour écrire la musique de deux films.

A l'époque, beaucoup de cinéastes, souvent de films mineurs, pensent qu'inclure de la musique « pop », voire des séquences avec des groupes pop sur scène, donne une ambiance « moderne », jeune, disruptive, à la mode, et apporte un air jeune, « sociologique », voire de scandale et de polémique, valant un « buzz » médiatique, à leur film. On vit cela dans le film « Le pacha » avec Jean Gabin regardant avec écoeurement et dégoût, teinté de rejet, des jeunes se trémousser sur de la musique pop, à l'air halluciné en transe et au look supposé de « drogués « . Cet ajout de groupes pop en décor de scènes de ces films semblait donner du « piquant » à ces films et montrer cette nouvelle vague d'une jeunesse en rupture avec leurs parents et illustrer ce conflit de générations et annoncer une jeunesse plus ou moins dépravée et sans les valeurs traditionnelles de la famille française d'alors, juste sortie de la guerre et ayant de fortes valeurs morales et de respect de la tradition, de leurs parents et des éléments moraux attachés encore à la famille française (travail, sens de l'effort, abnégation, etc). Ces scènes « exotiques » pouvaient aussi attirer ce jeune public à aller voir leurs films.

De plus, certains s'adonnant à la réalisation de films érotiques pensent alors être à la mode en y ajoutant de la musique pop, vue comme dépravante, sexuellement transgressive contre l'ordre dit « bourgeois », assimiler musique pop et érotisme. La libération des mœurs et la sensualité naissante plus extravertie et voire exhibitionniste des jeunes pouvant plus s'exprimer avec les concepts nouveaux de l'amour libre et du slogan « make love not war », transgressant les codes de la société, leur semble un terreau propice pour produire ces films érotiques destinés à un public jeune avec des scènes érotiques censés satisfaire et assouvir les fantasmes naissants de cette époque. Ce qui aboutit à ce que des groupes enregistrent et participent à des films érotiques, avec parfois une fausse caution politico-intellectuelle. Cela sera le cas d'un film dans lequel Alan Jack Civilization joue et apparaît.

Alice reçoit donc la commande pour enregistrer deux musiques de films dont Alyze et Chloé, un film érotique et un second film (nom inconnu). La musique est anecdotique et sert juste à illustrer des scènes érotiques pour le 1er film nommé. A cette époque, Triangle recevra une commande pour la musique (finalement non incluse) du film d'Etienne Jolivet, Voyage apparaîtra dans le film »meurtre à Ibiza » et Pierre Fanen composera la musique du film érotique « la michetonneuse ». Reflet de cette époque, la France découvre la pop, les films érotiques plus ou moins maquillées de pseudo intellectualisme, les pubs avec des filles déshabillées, une célébration de la sensualité adolescente (les photos de David Hamilton), certaines chansons érotiques (comme « je t'aime moi non plus de Gainsbourg), le comportement transgressif et assumé de certains chanteurs aimant les jolies adolescentes. La révolution dite sexuelle aboutit à faire tomber et banaliser certains tabous en voyant les adolescentes comme des partenaires potentielles et consentantes (si elles veulent être dans l'air du temps). Alice est aussi pressenti pour enregistrer la musique du film la route de Salina qu'il enregistre mais le principal compositeur de la musique de ce film est Christophe, alors sur le label Motors de Francis Dreyfuss et il propose plutôt de faire appel à un groupe du même label et ce sera finalement le groupe américano-anglais Clinic qui enregistra cette musique dont un simple sortira.

Cependant, Claude Olmos, marseillais d'origine, fut sollicité par Ticky Holgado, un autre Marseillais et qui cherchait à remonter son groupe Doc Daïl qui avait totalement splitté au printemps 70. Les deux guitaristes, Christian Grégoire et Bernard Fenigstein, le batteur Carl Daykin étaient partis et seul le bassiste Simon Boizesson restait. De nouveaux musiciens rejoignirent Doc Dail dont le guitariste Arnik Aramidjan, qui quitta à son tour le groupe et Claude Olmos accepta de le remplacer en juin 1970. Par la suite, Simon Boizesson quittera le groupe et Claude Olmos formera avec Laurent Mérino (batterie) et Didier Batard (basse) Coeur Magique.

Claude Olmos quitte le groupe et est remplacé par Christian Grégoire, ex Wurdalaks, un des premiers groupes auquel participa Christian Vander ex Hamsters et ex Doc Daïl, mais ne resta dans le groupe que 3 semaines. Le groupe demeure quelques semaines à 4.



Finalement, Aufredo et Duplant suggèrent de le remplacer par leur ex compère de We Three, Bruno Besse. Quelque temps après, Jean Falissard fut sollicité par Patrick Dietsch, et quitta le groupe en septembre 70 pour le projet de super groupe, Abracadabra, comprenant Patrick Dietsch à la guitare, Francis Lockwood, ex Sounds, Choc, aux claviers, Didier Lockwood, son jeune frère au violon et Richard Fontaine, ex Cédric & Cléo, AJC à la basse, Rapidement, la formation va évoluer avec les départs de Dietsch et Fontaine pour Tribu, Un enregistrement aura cependant lieu au studio de JP Massiera à Antibes avec le chanteur bordelais Willy Cat un bassiste, avant que le groupe ne subisse le départ de Willy Cat, de Didier Lockwood, remplacés par Gil Now (ex Turnips) et par Richard Aubert, ex Komintern ainsi que par l' arrivée de Patrice Quentin aux sax et de Guy Mialot à la basse. Alice sortit ensuite son second simple « le nouveau monde» en septembre1970 avec encore Jean Falissard à la batterie et Claude Olmos à la guitare.

Jean Falissard parti, Alain Suzan contacta Alain « Doudou » Weiss, ex batteur de Devotion, un temps vu en 69 comme le potentiel concurrent des Variations et qui avait participé, comme Variations, à une tournée de Johnny Hallyday en 69. Alice est alors managé par Patrick Gandolfi, ex guitariste rythmique de Dévotion, et membre de l'équipe de Byg, avec un rôle de producteur artistique, qui sans doute, suggéra le nom de Doudou comme batteur. En octobre, le groupe se produit au... avec un quatuor classique de violons. Il passa aussi à l'émission Pop 2 pour le spectacle monté autour d'Alice au Pays des Merveilles à Paris. Le groupe continua l'année 70 en multipliant les concerts dans toute la France. Il enregistre en décembre 70 son 1er album qui comprend notamment « le nouveau monde », son second simple. Il n'est pas précisé si le titre a été refait avec Bruno Besse à la guitare ou les parties de guitares juste changées par celles de Bruno Besse. Tant le simple que l'album manque de précisions. La sortie de l'album est bien reçu par la presse dans son ensemble, la revue Best nouvellement arrivée sur la scène de la presse rock française leur consacre une pleine page couleur et un grand article. Les espoirs dans l'ascension du groupe a capté l'attention et l'intérêt du public français ne vont pas se concrétiser.



Courant mars 71, Alice se produisit au festival de Nancy. A l'issue de leur prestation, le groupe décida de se séparer, sans que l'on sache si cette séparation était programmée avec ce dernier concert à Nancy pour honorer un contrat pris avant la décision de se séparer ou le résultat d'une mésentente surprise, de frictions arrivées à leur terme ou de la décision d'Alain Suzan de mettre fin à cette expérience. Alain Suzan profita de ce festival pour se joindre au groupe local Mad and Mad. Rapidement, il s'établit dans les environs de Nancy et rechercha à remonter Alice en faisant appel à des musiciens locaux dont le batteur de Carefully Done Patient, Jean-Pierre Villemin, peut-être brièvement le guitariste Patrick Parmentier issu de Mad and Mad, et de musiciens parisiens comme l'organiste Luc Bertin, ex Well, le bassiste Simoin Boizesson de Doc Dail qu'il a quitté alors, l'organiste Slim Batteux... après avoir répété dans la banlieue de Nancy, le groupe loua le château d'Avricourt vers Lunéville et qui marquait de 1870 à 1918 la frontière avec l'Allemagne qui avait annexé des terres de l'ancienne Meurthe. Là, le groupe répéta, certains musiciens se levaient très tôt pour travailler leur instrument. Les musiciens changeant, JP Villemin partit et Alain « Doudou » Weiss revint, idem pour Simon Boizesson, Slim Batteux, qui quittèrent le groupe. Celui-ci prend sa tournure définitive avec les arrivées de Paul Semama, ex Devotion, sans doute suggéré par Alain Weiss, et l'Anglais Ian Jelfs, issu des groupes Circus, Anglais, et Français, Motus, conseillé par Michel Coeuriot, qu'il avait connu à l'armée. Lors d'un de ses déplacements au Golf-Drouot pour trouver des musiciens, Alain Suzan a sympathisé avec le groupe Niçois Carpe Diem, celui-ci jouant souvent sur Paris, il lui propose de séjourner à Avricourt, le groupe partage les locaux et les salles de répétition, avec quelques fantaisies comme le matin quand le batteur de Carpe Diem et Alain Weiss tapaient sur les canalisations du chauffage avec leurs baguettes. Là, le groupe vit en communauté.

Carpe Diem après un voyage épique pour regagner Nice au cours duquel son vieux camion rendit l'âme décida de rester sur place et abandonna le havre de paix studieux d'Avricourt et ses frimas hivernaux pour le soleil niçois.

Alice a acquis sa formule définitive, sax, flûte ne prédominent plus mais l'orgue, les guitares et les vocaux sont plus prépondérants. Le groupe regagne la capitale et signe un nouveau contrat chez Polydor. 

Le groupe comprend donc Luc Bertin aux claviers, Ian Jelfs à la guitare et au chant, Paul Semama à la guitare, Alain Weiss à la batterie et Alain Suzan au chant, à la basse et à la flûte. L'album est intitulé « Arrêtez le monde » et une version chantée en Anglais par Ian Jelfs sort pour le marché anglo-saxon. Un simple sort avec deux titres de cet album. Le groupe donne quelques concerts dont un avec en invité Mel Collins, ex Circus et futur Camel. Le groupe se produit au carré thorigny en novembre 72 et au Golf-Drouot le 15 décembre 1972. Le groupe se sépare peu de temps après. Alain Suzan jouera bassiste remplaçant pour les Variations et pour Triangle lors d'un concert en Angleterre. Les musiciens poursuivront leur carrière en solo ou dans d'autres groupes, parfois comme accompagnateurs de chanteurs. 



 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article